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mardi 8 mars 2016

France - L'intelligence raciste de Gilbert Collard

Invité d'une émission télévisée, le député français Gilbert Collard a tenu un discours racialiste tout en assimilant l'Afrique à un pays.
En ce mois de septembre, les « Gilbert » sont au cœur de l’actualité, dans la rubrique « tout et n’importe quoi ». Alors que les Burkinabès se moquent des « diendérades » de leur putschiste de Gilbert Diendéré, les téléspectateurs français ont entendu avec un certain émoi, lundi matin, les propos azimutés de Gilbert Collard sur l’Afrique.
Invité de l’émission télévisée <<Les 4 vérités sur France 2>>  mal nommée pour l’occasion, le député du Rassemblement bleu Marine (proche du FN) a volé au secours, argument à l’appui, de Nadine Morano, l’ex-ministre de Nicolas Sarkozy, qui avait déclaré sur la même chaîne quelques jours auparavant : « Nous sommes un pays judéo-chrétien, le Général de Gaulle le disait, de race blanche. J’ai envie que la France reste la France et je n’ai pas envie que la France devienne musulmane.»
L’occasion donc pour Gilbert Collard de poursuivre l’installation d’un discours raciste dans le paysage médiatique français tout en exposant au grand jour ses connaissances géographiques : « Écoutez, historiquement, la France c’est pas un pays de race noire, pas plus que l’Afrique, historiquement, n’est un pays de race blanche ! ». Non, nous ne rêvons pas : pour l’avocat et géographe à ses heures perdues, Gilbert Collard, l’Afrique est bel et bien un pays, et non un continent. Glissement sémantique involontaire ? Peut-être, mais celui-ci n’est que rarement le fait de ceux qui ne conçoivent pas le continent de manière manichéenne, comme une terre de souffrance et de famine, que les occupants, indistinctement, chercheraient à fuir par tous les moyens, pour « envahir » l’Europe.

lundi 7 mars 2016

Afrique du Sud - Tollé après un post sur Facebook comparant les Sud-Africains noirs à des singes

Le parti au pouvoir en Afrique du Sud a porté plainte mardi contre Penny Sparrow, une agente immobilière blanche qui a comparé sur Facebook ses compatriotes noirs à des singes. Des propos qui ont suscité un tollé dans ce pays meurtri par des décennies d'apartheid.
« A partir de maintenant, j’appellerai les Noirs sud-africains des singes, puisque les adorables petits singes sauvages font la même chose qu’eux : ramasser et jeter les déchets », a posté sur Facebook Penny Sparrow, une agente immobilière de Park Rynie dans la province du KwaZulu-Natal, à l’est du pays.
Devant le tollé provoqué par ses propos notamment sur les réseaux sociaux, Penny Sparrow a effacé son commentaire et présenté des excuses, affirmant que son « intention n’était pas d’insulter personnellement quiconque ».
L’ANC porte plainte
Le Congrès national africain (ANC, parti au pouvoir), a réagi en portant « plainte pour outrage », le 5 janvier. La procédure vise également d’autres personnes ayant tenu des propos jugés racistes sur les réseaux sociaux.
« Il est troublant de constater que des personnes intolérantes qui ont un temps gardé leurs opinions pour elles-mêmes semblent désormais décomplexées », a commenté Zizi Kodwa, le porte-parole du parti.
L’ANC a également saisi la Commission sud-africaine des droits de l’Homme (SAHRC), estimant que de tels commentaires « dénigrent » et « insultent » la majorité noire du pays.
L’opposition dont elle est membre condamne
Le principal parti d’opposition, l’Alliance démocratique (DA), dont Mme Sparrow est membre, s’est démarquée de cette dernière en affirmant « exécrer » le racisme. « Les propos de Penny Sparrow sont racistes. Ils sont une insulte à moi et à mon pays » a déclaré hier Mmusi Maimane, leader de la Democratic Alliance, sur Twitter.
La DA aussi porté plainte contre l’agente immobilière, accusée selon le DA de « déshumaniser les Sud-Africains noirs ».

dimanche 6 mars 2016

Afrique du Sud - Des manifestants noirs tabassés

Un match de rugby opposant deux universités d'Afrique du Sud a viré à l'expédition punitive : des étudiants noirs qui manifestaient contre l'externalisation de travailleurs de leur université ont été frappés violemment par des étudiants blancs.
A-t-on assisté à une violente scène de racisme, lundi, à l’Université de l’État-Libre en Afrique du Sud? Des étudiants et des travailleurs, majoritairement noirs, ont été violemment attaqués par des étudiants blancs lors d’un match de Rugby. Tout a dégénéré lorsque à la 17ème minute du match plusieurs manifestants ont investi le terrain afin d’attirer l’attention sur les externalisations (des techniciennes de surface principalement) de l’université de l’État-Libre. Les spectateurs, des étudiants blancs pour la plupart, se sont alors précipités sur le terrain pour en découdre. Une scène violente qui a été filmée et très rapidement postée sur les réseaux sociaux.
Sur Twitter, des photos de personnes blessées ont été diffusées dans les heure qui ont suivi le match.  À la suite de ces événements, l’université a décidé de fermer ses portes mardi et ce mercredi. L’établissement a annoncé lundi sur son site qu’une enquête était en cours et que l’école condamnait fermement les agressions contre les manifestants.
(Certains manifestants ont été frappés pendant leur altercation lors du match des Shimlas à l’Université de l’État-Libre).
« C’était comme regarder ces vidéos de l’apartheid pendant les années 70 et 80. Des arrestations doivent être faites aujourd’hui! ».
« Si tu n’es pas inquiet – en tant que personne noire – à propos de ce qu’il s’est passé à l’UFS, je suis inquiet pour toi ».
Mais des voix dissonantes se sont également fait entendre. Certains twittos, Noirs et Blancs, ont critiqué le fait que les photos montrant des étudiants blancs venant en aide aux blessés n’ont pas été relayées.
D’autres encore dénoncent une stratégie électorale de l’ANC, le parti au pouvoir, visant à raviver les sentiments racistes.

Instagram - Reaction raciste contre le mannequin Aamito Stacie Lagum

Suite aux attaques racistes dont elle a fait l'objet lors de la diffusion de la campagne publicitaire de Make-Up Art Cosmetics (MAC), le mannequin Aamito Stacie Lagum a décidé de répondre de façon intelligente.

Le 16 février dernier, la jeune femme de 24 ans d’origine ougandaise a eu la désagréable surprise de voir les réactions suscitées par la photo de ses lèvres sur Instagram.
Moquée, insultée, comparée à des animaux, les commentaires racistes allaient bon train sous la photo de @Maccosmetics qui faisait la campagne de son nouveau rouge à lèvres lancé avec la chanteuse Rihanna. « Qu’est-ce que c’est que ces lèvres ? », « La vache, j’ai cru que c’était Jay-Z », « Des lèvres de nègre » pouvait-on notamment lire sur la célèbre plateforme de partage de photos. Des propos qui n’ont pas tardé à provoquer la colère de certains internautes.

Elle lance le challenge #PrettyLipsPeriod

Gardant la tête froide face aux attaques, la jeune femme décide de répondre à ses détracteurs en utilisant le même canal : son compte Instagram.  Aamito Stacie Lagum y écrit : « Mes lèvres sur Instagram vous font perdre le sommeil. Merci à MAC et au maquilleur pour ce rouge à lèvres de folie. J’en veux trois. »
Elle a aussi invité les internautes à poster des photos de leurs propres lèvres en ajoutant dans la légende les hashtags #heartshapedlips (lèvres en forme de cœur) ou #prettylipsperiod (de jolies lèvres, point).

Inde - Une étudiante Tanzanienne frappée et dénudée par la foule.

La police indienne a arrêté jeudi cinq hommes dans l'enquête sur des violences subies par une étudiante tanzanienne frappée à Bangalore (sud) par une foule en furie qui lui a arraché son tee-shirt.

Les circonstances de l’agression

Dimanche 31 janvier au soir, une jeune étudiante tanzanienne de 21 ans a été prise à partie par la foule alors qu’elle était de sortie avec ses amis. Circulant en voiture alors qu’elle approchait des lieux d’un accident ayant occasionné la mort d’une femme une heure plus tôt, son véhicule a été violemment attaqué.
« Notre voiture a été incendiée. Ils ont tiré sur mon tee-shirt et l’ont arraché, me laissant sans rien. Ils ont continué à nous agresser et nous avons fui pour sauver nos vies », indique-t-elle dans sa plainte parue dans le Times of India. L’accident mortel, luiimpliquait un véhicule conduit par un Soudanais. Le racisme semble donc bien être – a priori – à l’origine de l’agression.

La police passive ?

Comme dans l’agression des Ivoiriens par des Indiens ivres survenue en mars 2015, la police est accusée de n’avoir pas empêché cette attaque. Plus loin dans sa plainte, elle continue : « Mes amis et moi avons sauté dans un bus. Le conducteur n’a pas bougé et les autres passagers nous ont chassés. Un passant m’a donné son tee-shirt, il a également été frappé ».
Selon le responsable de la police de Bangalore NS Megharikh, cinq personnes ont été arrêtées après cet événement qu’il qualifie d’« incident de la route » qui ne comporterait, selon lui, aucun caractère raciste. La jeune femme aurait pourtant rapidement précisé sur place ses origines et expliqué qu’elle n’avait aucun lien avec le précédent accident.
« Ils nous ont dit : ‘Vous vous ressemblez tous, vous devriez retrouver l’homme noir qui a écrasé une femme dans le quartier' », a affirmé l’étudiante tanzanienne dans sa plainte.